Travaux de rénovation énergétique pour une maison individuelle
09 juin 2021
Rénovation

Limiter l’effet rebond grâce aux mesures et au suivi des consommations énergétiques après des travaux de rénovation

Depuis plusieurs années, des études ont montré que les travaux de rénovation énergétique ne conduisent pas forcément à la réduction de la consommation énergétique prévue. L’effet rebond, ou « paradoxe de Jevons », pourrait expliquer ces résultats décevants. Autrement dit, la meilleure efficacité énergétique permise par les rénovations conduit à un changement des comportements des occupants qui privilégient le confort thermique, et effacent ainsi une part importante des économies d’énergie prévues.

Des travaux de rénovation énergétique pour réduire la consommation des foyers

Pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, de nombreux pays ont investi massivement dans la rénovation énergétique de leur parc immobilier. Quand on sait que les bâtiments (secteur résidentiel et tertiaire) sont responsables de 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre en France, il y a urgence si l’on veut atteindre l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. 

Les moyens financiers sont énormes (le plan de relance prévoit 6.7 Md€ pour la rénovation énergétique en 2021 et 2022) et les aides à la rénovation multiples (MaPrimeRénov’, aides de l’Anah, éco-prêts à taux zéro, Coup de pouce économies d’énergie, Chèques énergies…).

Cependant, les résultats de ces travaux sur la consommation d’énergie des foyers s'avèrent parfois décevants : on vous explique pourquoi.  

Quand l’efficacité énergétique ne conduit pas aux économies escomptées : l’effet rebond ou « paradoxe de Jevons »

On observe un effet rebond lorsqu’une technologie accroît l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, mais que la consommation de cette dernière ne diminue pas comme prévu. Dans certains cas, la consommation reste stable, dans les cas les plus défavorables elle peut même augmenter. 

A l’origine, ce terme vient de l’économie et a été popularisé par William Stanley Jevons qui écrit en 1865 The Coal Question. Il constate qu’après l’introduction de la machine à vapeur de James Watt au rendement plus efficace que la précédente, la consommation de charbon a fortement augmenté au lieu de diminuer. Pourquoi ? Les gains énergétiques et donc financiers de cette nouvelle machine à vapeur ont eu comme effet de généraliser son utilisation et donc d’accroître la consommation totale de charbon en Angleterre.

Cet effet paradoxal s’applique à l’efficacité énergétique, dans de nombreux secteurs (transport, habitat, technologies…). Une étude publiée il y a 2 mois dans Renewable and Sustainable Energy Reviews indique que ces effets rebonds pourraient annuler plus de la moitié des économies d’énergies potentielles résultant de l’amélioration de l’efficacité énergétique..!

L’effet rebond s’applique - malheureusement pour la planète - aux rénovations énergétiques des logements. Le rapport 2017 du Conseil général de l’environnement et du développement durable lui donne sa part de responsabilité dans les résultats décevants des travaux de rénovation énergétique entrepris. Certes, il est difficile de mesurer l’effet rebond, mais les preuves de son effet négatif ont considérablement augmenté au cours des dernières années.

Les économies d’énergie réalisées grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique de l’habitat s’avèrent souvent inférieures à celles espérées : pourquoi ? 

En fait, la cause est principalement comportementale. Dans les logements mieux isolés, caractérisés par une meilleure efficacité énergétique, les ménages ne sont pas incités à faire des efforts sur leur confort thermique. Le degré supplémentaire de chauffage revient moins cher, et certains vont préférer chauffer à 22°C au lieu des 20°C préconisés, par exemple. Or, en moyenne, +1°C correspond à +7% en consommation d’énergie. Ainsi, même avec une meilleure efficacité énergétique du logement, la consommation énergétique ne va pas forcément diminuer comme espéré. D’après un rapport publié par la GdW, l’Allemagne a investi plus de 340 milliards depuis 2010 dans la rénovation énergétique des bâtiments. Malgré cela, les consommations par foyer n’ont pas baissé et stagnent à environ 130 kWh/m²/an, alors qu’une économie d’énergie d’environ 15% aurait dû être visible.

Une analyse de l’enquête « Performances de l’Habitat, Équipements, Besoins et Usages » (Phébus) publiée dans la Revue Théma du CGDD en Mars 2017 montre que l’intensité d’utilisation augmente à mesure que la performance énergétique s’améliore. L’analyse montre plus loin qu’une baisse de la consommation d’énergie annoncée de 10 % se traduit en réalité par une baisse de 8%, à cause de l’augmentation de l’intensité d’utilisation. Une partie de l’économie d’énergie annoncée serait donc annulée par l’effet rebond.

On observe globalement une perte de vigilance dans la démarche des ménages pour réaliser des économies d’énergie. En chauffant davantage, leur confort thermique est amélioré, mais leur facture énergétique reste moins élevée qu’avant les travaux de rénovation : pourquoi s’embêter à faire des efforts dans ce cas ? Les gains environnementaux prévus par l’amélioration de l’efficacité énergétique sont alors annulés. Une étude auprès des ménages suédois montre qu’une amélioration de l’efficacité énergétique de 20% pourrait même augmenter les émissions de CO2 de 5%.

Ainsi, l’effet rebond ne peut pas être négligé. Cependant, il n’est pas suffisamment pris en compte dans les modèles énergétiques et climatiques mondiaux utilisés par des organisations telles que le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) et l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) : ils pourraient alors sous-estimer la croissance future de la demande énergétique mondiale. 

Schéma de synthèse sur l'effet rebond

Conduire des rénovations énergétiques efficaces : comment limiter l’effet rebond ?

Il convient tout d’abord de travailler en amont pour s’assurer de l’efficacité des travaux de rénovation énergétique. Ceux-ci ne doivent pas uniquement générer du confort supplémentaire pour les ménages, mais ils doivent surtout permettre une baisse de leur consommation énergétique. 

D’où l’importance des mesures et du suivi des consommations énergétiques pour générer les économies escomptées. L’outil proposé par Homeys vous permet de mieux évaluer l’efficacité réelle des travaux par des mesures avant/après. L’effet rebond pourra être réduit chez les ménages en leur communiquant les résultats de ces mesures et les économies réalisées. L’outil Homeys permet de suivre la consommation énergétique pour la rendre plus responsable, grâce à une meilleure prise de conscience des ménages.

Claire
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